
C'est en forgeant qu'on devient forgeron
22 Juillet

Papouf m'a proposé de faire un atelier forge. La Nouaille dispose en effet d'une forge associative dont Adrien est un membre actif. Après avoir feuilleté un livre pour décider d'un projet réaliste pour un novice, nous choisissons de forger un bracelet en acier.

Pendant que le charbon chauffe tranquillement, Adrien nous découpe à chacun une petite tige d'acier.

Il m'explique ensuite la première étape : aplatir la tige, en procédant une moitiée après l'autre et en réservant une petite partie au centre, pour donner plus de largeur au bracelet à cet endroit, ainsi qu'à chaque extrémité, pour y realiser de petite boules.
Pour réaliser cela, nous chauffons la tige jusqu'à qu'elle prenne une couleur rouge tirant vers le jaune, puis la frappons au marteau sur un dégorgeoir, une petite protubérance de métal à la surface un peu courbe, insérée dans la table de l'enclume (la partie plane).

Rapidement nous réalisons que la courte longueur de la tige et son faible rendent sa tenue très difficile à la pince (et impossible à la main en raison de la chaleur).
Adrien soude alors la tige sur une autre tige afin de nous faciliter le travail (une fois l'une moitié travaillée, il coupe la soudure, et soude à nouveau de l'autre côté cette fois.)

Après avoir aplati grossièrement au dégorgeoir, nous retravaillons plus finement sur la bigorne (le bec conique et arrondie) et le talon (la saillie plate), afin d'obtenir une surface régulière, tout en donnant davantage de longueur.

Tout est assez difficile, il faut frapper la pièce tant qu'elle est chaude, ce qui ne dure pas longtemps et allier précision et force. J'y prends goût rapidement.
Adrien et moi ayant chacun notre bracelet en devenir, nous alternons, et j'observe studieusement ses gestes.
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Une fois bien aplati, nous gravons quelques décorations à froid, à l'aide d'un burin et d'un poinçon, puis chauffons et frappons à nouveau la pièce afin de lui donner sa forme finale, légèrement elliptique, pour s'adapter au poignet. Une fois satisfait du résultat, Adrien utilise une tête abrasive afin de gommer les bords saillant et de lustrer un peu le bracelet.

Je ressors de cet atelier enchanté (moi, pas l'atelier, quoi que...), et heureux d'avoir vécu cette occasion assez unique !